Olivier Loiseaux

  • Un inventaire du territoire :
    Au sortir de la Guerre de Sécession, le gouvernement fédéral lance quatre grandes missions (surveys) dans tout l'Ouest américain. Ces campagnes d'exploration répertorient les accidents du relief et les curiosités géologiques, relèvent les réseaux hydrographiques, rassemblent des collections de minéralogie ou de botanique, réalisent et publient des cartes et atlas et englobent des disciplines comme la paléontologie ou l'archéologie. C'est un véritable inventaire général du territoire qui est alors mené. À chacune de ces missions a été assigné un périmètre géographique défini mais la concurrence sur le terrain est réelle entre les chefs de mission, notamment dans la diffusion des travaux et résultats scientifiques.

    Des pionniers de la photographie :
    À ces missions sont intégrés des photographes qui comptent désormais parmi les grands noms de la photographie : Timothy O'Sullivan, William Henry Jackson, John Hillers. Les clichés qu'ils rapportent vont contribuer à forger l'imaginaire géographique américain. Leurs choix de cadrages et de sujets, non dénués de certaines références picturales, aboutissent à la création de paysages emblématiques, de lieux-icônes où se mêlent la contemplation du sublime, la grandeur de la nature et le sentiment de liberté.

    Une société savante au service d'une passion :
    La Société de géographie, créée à Paris en 1821 et dont les collections sont en dépôt à la BnF, s'est passionnée pour cette grande entreprise géographique. Elle a suivi attentivement les résultats de ces missions et relayé les découvertes auprès du public français. Elle a enfin été destinataire, en sa qualité de société savante, des rapports de missions parmi lesquelles des centaines de photographies prises dans l'Ouest américain, dont une sélection est présentée dans cet opus.

  • De l'Orient à l'Occident, un tour du monde de l'Histoire photographique de 1850 à 1914.

    Le premier procédé de fixation d'une image sur une plaque de cuivre est mis au point en 1839 par Louis Daguerre. Dix ans plus tard, un premier livre entièrement illustré à l'aide de ce procédé révolutionnaire retrace la mission de Maxime du Camp et Gustave Flaubert en Égypte. Ce carnet appartient aux collections de la Société de géographie, aujourd'hui mises en lumière dans ces pages.
    À la fois livre d'Histoire du monde et de la photographie, cet ouvrage est une invitation au voyage, à la (re) découverte des premières civilisations, grâce des clichés pris sur le vif par des explorateurs infatigables, épris de découvertes. Moment d'histoire également celui où le colon immortalise sa rencontre avec le « bon sauvage » dans les terres éloignées des continents africains, américains ou asiatiques.
    Les techniques photographiques se développent rapidement à partir de 1850, améliorant la qualité de l'image, réduisant le temps de pose, et offrant ainsi un moyen tangible et concret d'enregistrement de leurs missions, rencontres et aventures. Le XIXe siècle est en effet secoué par de profondes et rapides mutations : découvertes ethnologiques, colonisation, ou encore révolution industrielle. Ces bouleversements se prolongent jusqu'en 1914 où l'Homme part du principe qu'il a découvert tout le globe terrestre et se tourne vers l'espace et les fonds marins.
    Face à un monde en pleine ouverture, le voyageur photographe collecte, enregistre, répertorie et classifie l'information. Par son travail personnel et parfois intimiste, il répond la fois à la soif de connaissances nouvelles de ses contemporains, au besoin de conserver des traces de mondes en péril ou d'un passé révolu et au désir de suivre l'émergence de réalités nouvelles. Se mêlent alors d'impressionnants clichés aux techniques variées - cyanotypes, plaques de verre, premières polychromies -, chargés d'Histoire et porteurs d'idéologies.

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