Ithaque

  • E père, loin de n'être qu'un géniteur, est devenu, grâce à «?la religion monothéiste?» selon Freud, le héros d'une aventure amoureuse entre l'enfant et lui?: dès lors la paternité constituerait un «?progrès dans la spiritualité?». Mais que devient l'alliance du père et de la paternité quand la conception religieuse du monde s'éclipse au profit de la conception scientifique, et des bouleversements dans la filiation?? Comment les errements et les égarements des pères perturbent la fonction paternelle?? Quel est le secret de ce lien que la paternité manifeste envers et contre tout?? Désormais qu'est-ce qu'un père, et même à quoi sert-il, si la représentation de son meurtre ne parvient plus à donner sens à la mort?? De quoi peut-il être le garant dans un temps, le nôtre, où la discordance entre le monde et l'homme devient assourdissante?? Cette enquête sur le père, cet homme de tous les soupçons, emprunte ses ressources à la réalité comme à la littérature et au cinéma. L'auteur renoue avec une écriture où la fiction qui tisse nos vies a toute sa part. Et ce n'est pas la moindre des surprises que de découvrir combien les femmes, telle Lou Andreas-Salomé, permettent de penser autrement la paternité aujourd'hui.

  • Psychanalyse et esprit du temps : penser la normalité, la légitimité et la production de sens Nouv.

    L'utilisation des systèmes à produire du sens - les systèmes de valeur, l'esprit du temps (Zeitgeist), les conceptions du monde (Weltanschauung), le surmoi de la culture ou encore les religions - est un fait conscient. Cependant, notre acceptation de la normalité et de la légitimité est implicite, agit à notre insu et échappe à notre critique.
    Le surmoi de la culture, selon sa capacité à unir les gens et selon son degré d'ouverture, de souplesse et de complexité interagit avec des aspects plutôt archaïques ou plutôt évolués du fonctionnement psychique. Ainsi, si l'esprit du temps peut avoir une fonction civilisatrice, lorsqu'il favorise la liberté, la solidarité, la complexité et l'incertitude, il peut aussi renforcer des fonctionnements destructeurs en étouffant la pensée politique jusqu'à l'explosion de violences dévastatrices.

  • Redécouvrir la psychanalyse nous raconte comment, en observant de près sa façon de penser, de ressentir et de répondre aux patients, le psychanalyste parvient à développer un « style » propre, une manière vivante de pratiquer l'analyse qui, au-delà d'une compréhension théorique des faits, reflète l'expérience clinique de l'analyste et sa vision singulière de la psychanalyse.
    Ainsi, pour éclairer le travail du psychanalyste à la fois du point de vue du clinicien, du superviseur et du lecteur de psychanalyse, le grand praticien américain revient ici sur les travaux fondementaux de Bion, Loewald et Searles, qu'il commente et développe longuement. Dans ce parcours, où il nous propose d'apprendre, puis oublier pour mieux intégrer les idées de nos prédécesseurs, un fil rouge émerge :
    L'interrogation sur ce qui fait le style d'un psychanalyste et la vitalité de la psychanalyse elle-même.

  • Réunissant une quinzaine de contributions de psychanalystes de nombreux pays et différents courants, Psychanalyse et vie covidienne propose une première approche de la façon dont la pandémie de Covid-19 pourrait infléchir la pratique psychanalytique. Des changements imposés au cadre (séances en ligne), jusqu'à la prise en compte du trauma de l'isolement et du bouleversement de notre l'ancrage social (exigé par le confinement et les gestes de protection sanitaire), en passant par l'ébranlement de notre déni « ordinaire » de la mortalité (« cela n'arrive qu'aux autres »), ce livre explore ce que la pandémie peut nous apprendre sur la façon de comprendre et de traiter individuellement la détresse collective. Il met nos outils psychanalytiques à l'épreuve des profonds changements psychosociaux et environnementaux que le XXIe siècle nous réserve.

  • Centrée sur le langage, et donc sur les représentations de mots et les représentations de choses, la psychanalyse freudienne couvre le champ des processus de pensée sans pourtant avoir jamais prétendu en donner une théorie systématique.
    Cette théorie de la pensée, en permanente élaboration, est envisagée ici à la fois comme désir et « acte de chair » issu de l'unité somatopsychique de l'humain. Impulsions, émotions et affects indiquent, tel un fil rouge, l'implication constante du corps dans la cognition.

  • Lors de la vingt-troisième séance de son Séminaire consacré à l'Objet de la psychanalyse, Jacques Lacan, excédé, faisait trembler les murs de l'École normale supérieure avec une diatribe féroce contre un jeune titulaire de la Société psychanalytique de Paris venu discuter ses positions sur le narcissisme primaire. Si la voix de Lacan a résonné dans la plupart des psychanalyses du monde, c'est bien celle de Conrad Stein - l'antagoniste stoïque et rigoureux de ce 22 juin 1966 - qui est mise à l'honneur de cette brève histoire (indépendante) du mouvement psychanalytique francais.
    Renato Mezan analyse ainsi, dans un ouvrage documenté et vivant, les enjeux scientifiques et personnels engagés dans ce concept à la base du sentiment d'identité, à une période où, précisément, la psychanalyse de l'intersubjectivité trouvait ses premières plumes et bouleversait le caractère intrapsychique de la discipline. Qui parle en séance ? À qui ou à quoi parle-t-il ? Sur quoi le psychanalyste doit-il porter son attention et ses interprétations ?

  • Le verbe devant l'inconscient - nouvelles donnees metapsychologiques Nouv.

  • La littérature se tient-elle au-delà du bien et du mal ? La modernité le proclame depuis les procès de Madame Bovary et des Fleurs du mal. Aujourd'hui, ce droit à la transgression est remis en question au nom de nouvelles valeurs : respect des sensibilités, militantisme culturel, assignation de toute fiction à une expérience vécue.
    L'effet du mouvement #MeToo sur la manière dont on lit les oeuvres est à cet égard exemplaire. En 2017, des agrégatifs se demandèrent comment lire et enseigner une pastorale du XVIIIe siècle mettant en scène un viol déguisé : ce fut l'affaire Chénier. En 2020, l'affaire Matzneff soulevait la question de la valeur littéraire d'actes sexuels pénalement répréhensibles. Aux États-Unis, l'exigence du trigger warning enjoint les universitaires de signaler à leurs publics les textes au programme dont le contenu pourrait raviver chez eux d'éventuels traumatismes.

  • Que se passe-t-il quand nous agissons ? Pourquoi faisons- nous les choses que nous faisons ? Et, tout compte fait, sommes-nous responsables de nos actions ? Dans ce livre composé de quatorze essais inédits en français, Constantine Sandis s'attache à explorer la nature des actions humaines et à interroger notre responsabilité à leur égard, en discutant les idées de philosophes aussi divers que Hume, Hegel, Wittgenstein, Anscombe, Davidson ou Dretske. Sandis rejette la conception répandue selon laquelle les raisons que nous avons d'agir comme nous le faisons sont des états mentaux ou neurologiques. Selon lui, les raisons pour lesquelles nous agissons ne sont pas les causes de nos actions, ce qui toutefois n'exclut en rien la possibilité d'expliquer causalement pourquoi nos actions se produisent. La diversité des facteurs explicatifs ne s'épuise pas dans la seule distinction des causes et des raisons : Sandis attire ainsi l'attention sur les confusions qui résultent d'une analyse insuffisante de cette diversité. Les implications de cette clarification pour la psychologie philosophique et morale sont étonnantes. En effet, l'une des intuitions fondamentales de la tragédie antique, telle qu'il l'interprète, est que nous devons endosser la responsabilité de nos actions même lorsqu'elles sont motivées par des forces qui nous semblent tout à fait étrangères à nous-mêmes.

  • Robert B. Brandom est l'un des plus grands philosophes américains contemporains. Auteur d'une pensée originale qui se réclame à la fois de Kant, de Hegel et de la philosophie analytique du langage et de la logique, il poursuit dans le même temps une réflexion sur l'héritage de la philosophie pragmatiste américaine. Le présent volume constitue l'introduction la plus accessible à cette philosophie hors-norme. La plupart des thèmes et des ressources exposés dans ses grands livres y sont convoqués, mais sous une forme plus directe et plus familière.
    Qu'il s'agisse du pragmatisme analytique et de la rationalité expressiviste (développées dans son oeuvre majeure, Rendre explicite, 2 vol., 1993), de sa réhabilitation de Hegel, du holisme et d'une conception de la raison comme formation historique et sociale (présentées dans A Spirit of Trust, 2019), les essais traduits ici constituent une excellente entrée en matière aux éléments clés de la pensée de Brandom. On y découvrira un philosophe analytique analytique original, patient défenseur d'une conception normative de la raison irréductible aux naturalismes et aux cognitivismes si influents aujourd'hui dans la discipline.

  • Proposé voici presqu'un quart de siècle, le concept d'Infantile a gagné sa majuscule et ses lettres de noblesse en devenant, au fil du temps, un outil indispensable dans la clinique psychanalytique.
    « Concept de troisième type », l'Infantile permet de rendre fonctionnels et efficaces avec les patients de tous les âges les liens-entre-les-liens tissés par le transfert et le contre-transfert, en référence à la double hélice entre névrose infantile et névrose de transfert révélée par Freud.
    Traduit en cinq langues, ce concept a gagné bien des pays en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique latine et, plus récemment, en Amérique du Nord. L'Association psychanalytique internationale (API) l'a choisi pour thème de son prochain congrès international qui se tiendra à Vancouver en 2021.

  • En reprenant des thèmes qui lui sont chers - notamment la théorie du champ et la théorie de la narrativité, les fonctions de la rêverie et de l'onirisme, la place et les enjeux de l'interprétation, la transformation des émotions -, Ferro revient sur le coeur de sa pratique pour en dégager des perspectives cliniques nouvelles. Il soutient que les productions en séance sont des co-constructions entre le patient et l'analyste, mettant en évidence la pertinence de la rêverie qui permet de transformer les contenus bruts, non traités par la psyché, en représentations symbolisables sous la forme de récits de vie.
    Les facteurs de guérison sont ainsi décrits comme le déploiement d'une capacité nouvelle à contenir une sensorialité qui peu à peu, au fil des séances, peut se transformer en image puis en récit. Ferro aborde également des thèmes souvent négligés par les textes analytiques traditionnels, tels que les enjeux concernant des ruptures du cadre par l'analyste, le vieillissement des psychanalystes, la place des supervisions dans la formation analytique.

  • Voici le livre qui réunit les formidables résultats de l'enquête de Brett Kahr sur le psychanalyste anglais Donald W. Winnicott.
    Intitulé Esquisse biographique, l'ouvrage ne constitue pas, à proprement parler, une biographie achevée. Et pour cause. À l'époque où il démarre sa recherche, aucune étude biographique sur Winnicott n'avait pas encore vu le jour - essentiellement en raison des censures de l'épouse du psychanalyste, Clare, qui veillait jalousement sur la mémoire de son mari. Après la mort de celle-ci toutefois, au milieu des années 1980, Kahr s'efforce de réunir et de classer le maximum d'informations factuelles possibles en prévision d'un véritable travail biographique futur... qu'il finira par abandonner.
    En effet, le matériel réuni dans son Esquisse, publié entre-temps en 1995, inspirera d'innombrables biographies parues très rapidement sous d'autres plumes... Quoiqu'il en soit, cette enquête méticuleuse recevra en 1997 le prestigieux prix international Gradiva de la meilleure biographie, et sera saluée par tous comme la première ébauche biographique du grande psychanalyste anglais.

  • Ce recueil, constitué de sept essais du grand psychanalyste argentin León Grinberg, offre une réflexion précieuse sur l'un des phénomènes les plus délicats de la technique analytique?: le transfert et le contre-transfert. Déjà largement reconnus sur un plan international, ces textes sont parus en espagnol ou en anglais dans différentes revues entre 1956 et 1995?; leur traduction en français est maintenant chose faite. Rédigé dans un langage technique mais facile d'accès, Qui a peur du (contre-)transfert?? reprend aussi bien les travaux pionniers de l'auteur sur le sujet, que des articles de synthèse plus tardifs ; il s'achève par un chapitre rétrospectif où Grinberg questionne les fils conducteurs de son parcours de clinicien et de théoricien. Ouvrage indispensable à l'analyste en formation, il ne manquera pas d'intéresser, pour son importance historique et critique, les analystes les plus aguerris. Léon Grinberg (1921-2007), médecin et psychanalyste argentin, a été membre de l'Association psychanalytique argentine (APA) et vice-président de l'Association psychanalytique internationale (API). Représentant éminent, aux côtés de Heinrich Racker et de Horácio Etchegoyen de la très fertile école de Buenos-Aires, il a proposé des études remarquables autour du contre-transfert, de la psychanalyse du migrant, du sentiment d'identité ou encore de la psychanalyse dans les régimes totalitaires. Lié à l'école kleinienne et influencé par les théories de W. R. Bion, sa pensée et son enseignement ont largement inspiré ses collègues européens tout au long de la dernière moitié du XXe siècle.

  • Avec les catastrophes génocidaires et leur projet de négation de l'appartenance humaine, dont la Shoah constitue la figure paradigmatique, le XXe siècle aura marqué une rupture au coeur même de l'idée de culture. C'est en se confrontant à cette violence que Nathalie Zaltman initie, à partir de sa pratique clinique, un véritable renouvellement de la psychanalyse.
    Revenant sur la théorie freudienne des pulsions de mort pour l'enrichir du concept de « pulsion anarchiste » (1979), elle dessine une approche novatrice de la négativité, au-delà de l'autodestructivité narcissique de type mélancolique ou de la haine narcissique de la culture suscitée

  • Que se passe-t-il dans les liens amoureux quand l'un trahit l'autre, ne tient pas sa promesse, vit une autre expérience affective dans le secret et l'infidélité ? Que devient cet amour investi par le traumatisme de la trahison et de l'abandon ? Et que se passe-t-il si celui qui a trahi cherche ensuite à être pardonné ? Si après avoir décrété que « ce n'est plus comme avant », il demande à être encore aimé, pour que, justement, tout « redevienne comme avant » ?
    Le pardon est-il alors vraiment possible ? Ou faut-il redire après la sentence freudienne que chaque amour est un rêve narcissique, et qu'il n'y a pas d'amour pour l'Autre qui ne soit un amour de soi-même ?

  • En présentant douze entretiens tenus entre 1992 et 2011, Fernando Urribarri restitue ici une vingtaine d'années de dialogue avec les plus grandes figures du postlacanisme français. D'abord élèves de Jacques Lacan à l'époque du glorieux « retour à Freud », Laplanche, Pontalis, Aulagnier, McDougall et Green, allaient bientôt se séparer du maître pour développer leurs propres pensées, inspirées avant tout d'un retour à la clinique.
    Comme l'explique Pontalis, auteur du célèbre Vocabulaire de la Psychanalyse, dans l'un de ces entretiens, c'est en appliquant à la lettre la consigne lacanienne du « retour à Freud » que, paradoxalement, les plus brillants parmi cette génération finiront par s'éloigner de Lacan : un exercice de radicalité salutaire puisqu'il jettera les bases d'une pensée psychanalytique renouvelée, non dogmatique, en phase avec les bouleversements nosologiques du XXIe siècle. Dans l'essai introductif, Urribarri revient sur le contexte historique de ces dialogues et en explicite l'importance pour le psychanalyste d'aujourd'hui.

  • En postulant qu'aucun analyste ne saurait fonctionner sans un fonds théorique explicite ou implicite (et sans les techniques qui en découlent), Levine présente ici un panorama des positions les plus profitables au travail en séance : celles qui, au-delà de faciliter la découverte ou le décodage des contenus ou des mondes relationnels nichés dans l'inconscient de l'analysant, contribueraient à la mise en oeuvre d'un processus analytique propice à la co-construction de sens et au tissage de liens entre des éléments psychiques en errance.
    Ce faisant, Levine propose de fait une théorie de la clinique contemporaine, dont les bases peuvent être retrouvées chez les analystes des courants les plus divers - freudiens, kleiniens, winnicottiens, bioniens, psychosomaticiens américains ou français, relationnels, etc. Ce que ces analystes ont toutefois en commun est une vision conquérante de la psychanalyse, qui offre des hypothèses et des approches techniques autour des phénomènes non névrotiques et des états psychiques non représentés.

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